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100% Neymar JR – L’interview

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L’INTERVIEW

 

Lundi 23 octobre, 21h00. Sur la scène constellée de stars du London Palladium, aux côtés de Daniel Alves et des plus grands joueurs de la planète, Neymar Jr savoure sa présence dans l’équipe de l’année distinguée lors de la cérémonie The Best FIFA Football Awards 2017. Un tour de cadran plus tard, l’international brésilien quitte son hôtel londonien pour reprendre l’avion qui le ramènera à l’aéroport du Bourget, en milieu de journée.

Sitôt revenu à Paris, le crack file au Parc des Princes où l’attend Anne-Laure Bonnet, la journaliste de beIN Sports, experte en football brésilien. Passion brûlante pour le jeu, ses racines brésiliennes, son statut d’idole mondiale, ses rêves en Rouge et Bleu : face au jeu des questions, Neymar Jr ne va pas dribbler, préférant se raconter avec sincérité. Et beaucoup d’ambition.

Neymar, voici maintenant trois mois que vous avez rejoint Paris. Comment vous sentez-vous dans votre nouvelle vie ?

Je suis heureux ici. Évidemment, ma vie à Paris est différente de celle que j’avais à Barcelone. Je ne dis pas cela par rapport au climat, je ne connais pas encore l’hiver à Paris ! (Il sourit) Mais mon quotidien est un peu différent. Je m’habitue petit à petit à la vie, à la langue… C’est une très belle expérience. J’espère que ça va être une très grande année dans ma vie et que nous allons pouvoir aller le plus loin possible dans toutes les compétitions avec le PSG. Ces sensations, ces ambitions, c’est ce que je suis venu chercher ici, à Paris !

Votre nom symbolise le plus gros transfert de l’histoire. Est-ce un poids ?

Non, sincèrement, cela ne m’importe pas beaucoup. Ce sont des chiffres, et ces chiffres n’influencent pas ce qu’il se passe ensuite sur le terrain. Ce prix ne va changer ni ma vie quotidienne ni mon football… de même qu’il ne va pas m’aider à marquer plus de buts. Surtout, quelle que soit la dimension des chiffres, il faut que je reste le même sur le terrain. Je suis reconnaissant envers le Paris Saint-Germain de la confiance qu’il a ainsi témoigné en mon travail, en mon football. Être à la hauteur sur le terrain sera toujours le meilleur moyen de se montrer digne de cette confiance. Bien sûr, je comprends qu’être le joueur le plus cher de l’histoire puisse être un poids, ou je ne sais quoi, pour certains joueurs. Mais ce n’est pas mon cas. Je n’y pense pas, je n’en parle pas tous les jours. C’est un peu un chiffre factice qui ne représente rien sur le terrain. Quand le match commence, nous sommes 11 contre 11. Et, à ce moment-là, tout le monde a la même valeur… (Il sourit)

Parlons de vos racines. Un Brésilien naît-il avec le football dans le sang ?

Ah oui, sans aucun doute ! Tout le monde aime le football au Brésil. Tout le monde veut jouer, ne serait-ce que pour s’amuser. Certains sortent du lot et deviennent professionnels, d’autres continuent seulement à jouer pour le plaisir, mais l’amour du football reste le même.

Le football était-il votre seule passion d’enfance ?

Il n’y avait que cela dans ma vie. Je ne m’imaginais pas faire autre chose. Je mettais des maillots de foot à ma sœur, à mes cousines. Nous avons grandi ensemble. Je les dribblais, elles se mettaient dans les cages pour que je m’entraine à marquer des buts. J’ai toujours voulu cela. À chaque occasion particulière, je demandais un ballon différent. J’ai eu jusqu’à 50 ballons chez moi ! J’étais et je suis encore profondément amoureux du football.

Avez-vous pensé que vous pourriez ne pas devenir joueur de football un jour ?

Non, jamais. Je ne connaissais pas l’échec. J’étais enfant, je rêvais de devenir joueur de foot et, peu à peu, toutes les étapes de mon rêve se sont réalisées. Je voyais mes idoles qui réalisaient tous leurs rêves en jouant au football, en marquant des buts. Je voulais juste faire la même chose. Je ne connaissais pas le sentiment de frustration que l’on peut ressentir quand les choses ne se passent pas bien.

Que gardez-vous de votre enfance dans votre football aujourd’hui ?

L’âme, l’essentiel. Je n’oublie jamais les difficultés de ma famille, ce que mes parents m’ont appris. Je reste celui que j’étais avec mes amis, celui qui jouait pour le plaisir.

Le plus important était-il de gagner ou de marquer des buts ?

Gagner. Je n’ai jamais aimé perdre. Jamais. J’ai toujours été une personne ambitieuse. Mais en plus de cela, j’ai beaucoup de mal à digérer une défaite, quelle qu’elle soit. Je faisais tout pour gagner, à ma manière, avec mes dribbles, avec mes buts.

Vos parents disent que vous étiez hyperactif. Vous le confirmez ?

Dès que je me levais, je prenais un ballon et je commençais à jouer dans la maison. Ma mère me grondait, j’ai cassé pas mal de vases à la maison, je crois ! A l’école, je n’étais pas mauvais élève. Je n’étais pas premier de la classe mais je n’étais pas un cancre non plus. En fait, dès que je le pouvais, je jouais au football. Après, arrivé à un certain âge, j’ai moins travaillé à l’école pour jouer plus au football. On demandait un ballon au directeur de l’école pour jouer dans la cour à chaque fois que cela pouvait être autorisé. Quand on avait des cours de sport, pour moi, ça ne pouvait être que du foot. J’étais hyperactif et monomaniaque !

Qui vous a aidé à passer de petit garçon talentueux à joueur de football professionnel ?

Beaucoup de gens m’ont aidé à l’époque où je n’avais rien, pas d’argent pour m’acheter des baskets ou des chaussures de foot. Parmi eux, il y avait Tio Toninho, qui apparaissait parfois avec une paire de chaussures de foot toutes neuves et qui me les offrait pour que je puisse jouer et être heureux ! Je suis encore ému en y pensant… Zé, l’ami de mon père : il l’emmenait me voir jouer car nous n’avions pas les moyens d’avoir une voiture. J’ai beaucoup de tendresse pour ces gens-là. Sans oublier l’un de mes premiers entraineurs, Betinho, qui venait me chercher à la maison pour que j’aille m’entraîner parce que c’était trop loin pour que je vienne seul. À partir de petites choses, de petits détails, ces personnes changent votre vie pour toujours. Sans toutes ces petites aides du quotidien, je ne serais sans doute jamais arrivé là où j’en suis aujourd’hui.

A 12 ans, alors que votre rythme d’entrainement était très élevé, aviez-vous le temps de vivre une enfance normale ?

Non, bien sûr, je n’ai pas vécu une enfance normale. Je n’avais pas la même vie que mes amis. A l’école, je n’allais jamais aux sorties scolaires, je ne participais pas aux activités de la classe. J’allais m’entraîner à la place. Ce n’était pas une enfance normale, mais j’étais heureux. Je ne me plains de rien. Je suis tellement reconnaissant pour le talent que Dieu m’a donné et pour la possibilité que j’ai aujourd’hui d’aider ma famille. Je pense que tous ces efforts que j’ai faits quand j’étais petit valaient vraiment la peine.

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100% NEYMAR JR

Novembre – Décembre 2017

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