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Gueule d’atmosphère

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ULTRA

Par Arnaud RAMSAY
Photos Julien SCUSSEL

Capo de la Tribune Auteuil et figure du Collectif Ultras Paris lancé en 2016, Fabien Lacoste est un supporter (très) engagé du Paris Saint-Germain. A l’image de ses compagnons de virage, il vit sa passion avec intensité et fierté, impulsant l’ambiance au mégaphone. Portrait d’une âme Rouge et Bleu.

C’est une passion délicieusement encombrante. « Ultra, c’est un mode de vie, le Paris Saint-Germain me prend tout mon temps. » A deux pas du Parc, dans une brasserie de la Porte de Saint-Cloud, Fabien Lacoste vient de résumer la profondeur du lien qui l’unit au club de la capitale. Un peu plus tard, en ce 6 février neigeux, il partira avec sa bande rejoindre Sochaux, scène du 8e de finale de Coupe de France que les Parisiens du « gardien » Dani Alves remporteront (4-1).

Lorsqu’il ne tient pas un mégaphone pour haranguer les ultras parisiens et lancer leurs chants les plus vibrants, ce supporter de 38 ans bascule vers son téléphone. Six ou sept heures par jour sur le portable. Objectif ? Organiser, coordonner, animer. S’assurer que la tribune prenne vie le jour du match. Lorsque le Paris Saint-Germain évolue le dimanche, au Parc, à 21 heures, Fabien débarque au stade entre quatre et sept heures avant le coup d’envoi selon le tifo à mettre en place. Le match achevé, il ne regagne son domicile en Seine-et-Marne que vers deux heures du matin. Et les nuits en bus peuvent s’avérer encore plus longues lorsque le PSG est en déplacement. Une vie aux allures de sacerdoce.

Mais l’ultra n’est pas du genre à se plaindre. Ce père de deux petites filles (âgées de un et quatre ans) arbore même le visage d’un homme heureux. « J’insiste, le PSG est vraiment une passion, glisse-t-il entre deux gorgées de chocolat chaud. Et comme j’ai la chance d’avoir une femme conciliante… Il faut bien comprendre que la vie est tellement compliquée. Le club agit chez moi comme chez beaucoup d’autres, c’est-à-dire comme un éxutoire. Je ne pense qu’à ça, je mets mes soucis de côté le temps d’un match. Je me nourris d’émotions. Dès que je mets un pied dans le stade, je me transforme, je crie pendant 90 minutes pour défendre nos couleurs, ma ville !  »

PSG, le Parc, passions familiales

Après avoir récemment géré un magasin d’alimentation dans le quartier Nation, le Capo d’Auteuil réfléchit à une nouvelle orientation. Mais pas question, pour l’ex-arrière gauche de l’ES Vitry, de se lancer dans une activité incompatible avec son amour du club. Dans la sphère ultra, on ne transige pas avec la passion. Une énergie bouillonnante dont les ressorts sont à chercher dans l’enfance. « C’est une histoire de famille », raconte le natif de Thiais, dans le Val-de-Marne. Aujourd’hui installé en Vendée, le père de Fabien a longtemps exercé dans l’univers des médias sportifs. Pendant près de trente ans, Jean-Pierre Lacoste officia comme directeur artistique du magazine de référence Onze, devenu Onze-Mondial après la fusion des deux mensuels.

« Même si j’ai démarré au stade par une rencontre de l’équipe de France, mon père m’emmenait souvent au Parc des Princes voir le PSG, en tribune de presse, alors plus accessible. Parfois, il me trouvait des places pour aller dans le public. Je regardais les virages. Et j’en suis tombé amoureux. » À l’époque, quand il passe saluer son paternel dans les bureaux de Onze, il lui arrive de croiser l’un des responsables de la rédaction : Jean-Michel Larqué, ex-gloire des Verts et… éphémère entraîneur-joueur du PSG (1977-1978).  « Il me chambrait sur mon amour pour Paris », se rappelle l’ultra.

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PASSION PSG

Janvier – Février 2018

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