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Laure Boulleau et Sabrina Delannoy

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Parisiennes

Des années à porter les mêmes couleurs, à Paris et en équipe de France. Une complicité indéfectible, née pendant l’adolescence. Entre Laure Boulleau et Sabrina Delannoy s’étire un monde de valeurs partagées et de souvenirs chaleureux. Échange entre deux figures historiques du football féminin rouge et bleu.

SD : Quelle saison a le plus compté à tes yeux ?

LB : La saison 2014-2015, qui nous emmène jusqu’en finale de la Ligue des champions contre Francfort, à Berlin. Franchement, cette année était incroyable. C’était notre première finale. Médiatiquement, on a beaucoup parlé de nous. Avant la finale, nous avions gagné à Wolfsburg, qui était double tenant du titre. Nous avions fait un match aller énorme là-bas, je m’en rappelle comme si c’était hier ! Nous avons gagné 2-0 en Allemagne. Au retour, à domicile, nous marquons rapidement le premier but et il fallait alors qu’elles en marquent trois pour passer. Et là, elles commencent à mettre le premier, puis le deuxième, puis à pousser… Pour éviter le 3-1, on a été des guerrières ! Un état d’esprit aussi fort et aussi combatif, ce sont des sensations que je recherche chaque jour, même encore aujourd’hui, et que j’aimerais développer chez les joueuses.

SD : Et tu gardes des souvenirs de notre Challenge de France en 2010 (le seul titre de la section féminine à ce jour) ?

LB : Ah oui, c’est un souvenir incroyable ! On avait sorti Lyon en demi-finale, chez nous, dans notre petit stade. Je me rappelle même avoir fait la queue leu leu devant Jean-Michel Aulas. Celle-là, je m’en rappellerai toute ma vie ! Je l’aime beaucoup, mais là, c’était trop bon ! En finale, contre Montpellier, à Bondoufle, il n’y avait pas photo. Toi et moi, nous avons construit cette année-là des amitiés très fortes, comme celle qui nous lie à Candice (Prévost).

SD : D’après toi, que s’apporte-t-on mutuellement ?

LB : Il me faudrait au moins une demi-journée pour exprimer tout ce que tu m’apportes. En fait, on a des caractères très différents. Depuis plus jeune, tu m’as toujours apporté. Tu as été là dans les moments où ça n’allait pas et ça, c’est la meilleure des qualités, indispensable à une amitié longue et saine. Tu m’apportes beaucoup de calme quand j’en ai besoin et tu l’as apporté à toutes les joueuses… Tes discours, ta manière de parler à l’équipe, c’était très important pour moi. Tu as été indispensable à ma carrière et à ma vie de femme en général. C’est aussi une chance d’être tombée sur toi. Tu auras été indispensable à mon équilibre parce qu’une carrière de sportive, c’est hyper dur. Quand je ne vais pas bien, je sais que je peux me reposer sur toi. Et tu sais que tu peux en faire autant.

SD : Je pense que les galères que nous avons vécues ont démultiplié les émotions de nos moments forts. Tu m’apportes aussi énormément et notre amitié est tellement précieuse. Tu as une force de caractère et une force de vie hors norme. Je suis admirative de ta capacité à rebondir tout le temps. Des galères, sportivement, tu en as connues beaucoup plus que moi, avec un nombre de blessures important. Je pense que je n’aurais pas supporté le quart de ce que tu as pu vivre. Tu es une force de la nature.

LB : Comment vis-tu l’après-football ?

SD : Il y a un an, j’ai mis un terme à ma carrière sportive. Une décision difficile à prendre, mais mûrement réfléchie. J’ai eu la chance d’avoir d’autres projets professionnels au PSG. Mon engagement avec la Fondation se poursuit avec de nouvelles responsabilités (Sabrina en est la directrice adjointe). En parallèle, j’ai toujours ce lien que j’ai tenu à garder avec l’équipe féminine. J’essaie de vous aider dans le développement de la section dans son ensemble. L’arrivée de Bruno Cheyrou comme directeur sportif apporte également beaucoup à la section féminine. J’espère que l’on parviendra à combler le retard qu’on a par rapport à l’Olympique Lyonnais.

Par Juliette Carouge

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