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THIAGO MOTTA

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THIAGO MOTTA par Pierre Menes

thiago, qu’as-tu ressenti sur la fin de ta carrière ? J’ai mesuré à quel point il était important de jouer au football. Ce sentiment ne s’achète pas. J’ai touché mes premiers ballons à quatre ans, avec mon papa et, à l’âge de seize ans, j’avais la certitude que ça deviendrait ma profession… tout en restant mon principal hobby. Ma vie, c’est le football. J’aime le football, j’ai aimé être sur le terrain, partager un vestiaire avec mes coéquipiers. C’est sur la fin que j’ai donné à tous ces moments leur véritable importance.

Tu as toujours joué au poste de sentinelle ? Non. J’ai joué défenseur latéral gauche, milieu relayeur, numéro dix.

Tu étais d’ailleurs une sentinelle avec une technique de numéro dix. Laurent Blanc disait : “Le PSG, ce n’est pas Zlatan, c’est Thiago Motta. Thiago est l’ADN de cette équipe.” (Il sourit) Je remercie beaucoup Laurent. Je me sentais très à l’aise sur le terrain quand il dirigeait l’équipe. Il m’a transmis cette confiance et il était alors beaucoup plus facile pour moi de jouer dans ces conditions. Quand je suis arrivé à Barcelone, j’ai commencé comme numéro dix. Je n’avais aucune envie de défendre, je voulais simplement attaquer et marquer des buts. J’ai dû changer. À Barcelone, ils m’ont fait comprendre que je ne serais jamais le numéro dix du Barça ou d’aucun autre grand club. Numéro dix, c’est un poste pour Neymar, Rivaldo…

Parce que tu manquais de vitesse ? Oui, je pense que ça venait de là.

À quel moment as-tu développé ton style de jeu ? À Barcelone, à l’entraînement, le coach m’essayait parfois à ce poste. Un jour, le joueur néerlandais Philp Cocu s’est blessé. À cette époque, il jouait comme sentinelle. J’ai commencé à être aligné dans cette position et cela m’a beaucoup intéressé pour augmenter mon niveau de jeu. J’étais encore attiré par le jeu d’attaque, j’avais cette envie d’arriver dans la surface adverse pour marquer des buts. Après, en 2003, il y a eu l’arrivée sur le banc de Frank Rijkaard, qui avait joué à ce poste. Il m’a dit : “Même si tu joues devant la défense, profite ! Tu es jeune, tu as la condition physique. Tu dois juste jouer avec ta tête, réfléchir à quel moment te rapprocher de la surface adverse et essayer de marquer.” Dès lors, j’ai commencé à améliorer mon positionnement pour compenser mon déficit de vitesse, dont j’étais conscient.

Ta mauvaise réputation sur les terrains aura-t-elle été justifiée ? D’un coté, oui. D’un autre côté, non. Si on regarde quelques images d’un match, on peut penser que je suis comme ci ou comme ça, mais ce n’est pas le cas. Les gens qui me connaissent très bien savent que je ne suis jamais entré sur un terrain pour faire du mal. Parfois, on est fatigué, les pulsations du cœur sont à 1000… Moi, j’ai commis beaucoup d’erreurs dans ma carrière et j’en ai tiré beaucoup de leçons. J’aurais pu éviter certaines situations, c’est vrai, mais je n’ai jamais senti en moi une méchanceté qui me pousserait à faire mal à quelqu’un. J’ai essayé de me tranquilliser au maximum pendant les matches, même si je peux vous assurer que c’est compliqué d’y parvenir. Par exemple, prenons le dernier Real-Juve et la réaction de Buffon sur le penalty accordé à la fin du match aux Madrilènes (le nouveau gardien du PSG sera expulsé pour contestation et suspendu 3 matches par l’UEFA). Cette réaction, l’arbitre se doit de la comprendre. Il y aura toujours ce genre d’événements dans le football, mais tout le monde doit apprendre à gérer ses émotions, joueurs comme arbitres.

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